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L'AVENTURE D'UN CÂLINEUR

Perdre mon courage, trouver mes câlins
       Une semaine plus tard, je confiais ma frustration liée à mon manque de courage à ma sœur Annik. Comme si c’était la chose la plus évidente qui soit, elle me dit : «Pourquoi n’écris-tu pas sur un tableau « J’ai perdu mon courage», et puis tu t’assieds sur ta valise et tu attends que quelque chose se passe? Si tu es patient, quelque chose va inévitablement arriver.» Quel éclair de génie! Excité, je la remerciai, la serrai dans mes bras et disparus. Ce même après-midi, je retournais sur la place publique armé de vigueur, d’inspiration et d’un petit tableau pour écrire. J’ai passé le reste de la journée assis sur ma valise dans une immobilité absolue, tel une statue vivante, à côté d’un écriteau qui annonçait ma perte de courage.

       Les gens étaient captivés par l’audace de mon action, ou plutôt par mon inaction. En retour, j’étais stupéfait par leurs réactions. Ils arrêtaient, m’observaient, venaient me parler pour m’encourager, m’offrir des conseils ou du soutien. Certains ont même laissé de l’argent dans ma boîte. Je les remerciais silencieusement et changeais de posture.  

Je me suis rendu compte qu'être juste présent dans le calme amusait, et que le contexte de mon tableau vivant a touché des personnes. Beaucoup ont semblé s'identifier dans mon état de solitude isolée. Chaque jour apportait un nouveau commentaire sur mon écriteau et un peu plus de courage dans mon cœur. Lentement, je suis passé de l’immobilité à l’action, improvisant des situations avec les passants.
      

De temps à autre, je tentais une improvisation. Je commençais réellement à m’amuser, alors que de plus en plus de gens s’attroupaient autour de moi pour apprécier ma folie espiègle. C’est ce que c’était – une folie drôle, sans retenue. Une folie qui semblait amuser et fasciner les gens. Parfois, lorsque la timidité ou l’insécurité me gagnait, je battais simplement en retraite dans un autre moment d’immobilité silencieuse.

       Avec le temps, ma confiance grandit et je devins de plus en plus réceptif à l’inspiration. Les gens commençaient à apprécier mon divertissement et revenaient tous les jours pour découvrir ce que j’avais inscrit sur mon tableau et voir quel amusement j’avais à leur offrir. Puis, par un beau matin ensoleillé, alors que je marchais vers la Place, j’aperçus le tableau-menu d’un restaurant qui annonçait ses «Spéciaux du Jour». Je n’en fis aucun cas jusqu’au moment où je m’apprêtais à écrire une pensée inspirée sur mon propre tableau. Je pris soudain conscience de ma grande découverte : je pouvais moi aussi offrir un spécial du jour! Mais quoi? Puis l’idée me vint. J’adore serrer mes amis dans mes bras, les embrassades sont source de réconfort et elles sont gratuites. Je décidai donc que «Câlins gratuits» serait mon spécial du jour.

       Je n’avais pas réfléchi aux conséquences de ma proposition ou considéré si j’étais même capable de serrer dans mes bras tous les gens qui se présenteraient devant moi. Cela semblait tout simplement la meilleure chose que je pouvais faire à cet instant et en rétrospective, je suis convaincu que ce l’était.

       La réponse fut instantanée. Les gens s’arrêtaient brusquement! Ils semblaient abasourdis, surpris, amusés et même stupéfaits à la vue d’un homme élégamment vêtu, debout dans une immobilité absolue, les bras grands ouverts, offrant gratuitement des étreintes. Quelques-uns s’approchaient lentement pour m’examiner attentivement et finalement réaliser que ce qu’ils voyaient était bien réel. D’autres restaient plutôt à l’écart, espérant que quelqu’un tenterait l’aventure. Les plus courageux- ou les plus téméraires?- s’élançaient, confiants, dans mes bras grands ouverts. Ceux qui s’étaient livrés à cette expérience en ressortaient heureux et agréablement surpris par la sincérité de mon étreinte. Ce matin-là, la presque totalité des individus, qu’ils se soient laissés tenter par l’expérience ou qu’ils aient simplement regardé la scène à distance, sont repartis avec un sourire joyeux sur le visage et un peu de légèreté au cœur.

       Au cours des semaines qui suivirent, il devint clair à mes yeux que donner des câlins apportait beaucoup plus aux gens qu’un simple divertissement : mes actions avaient un effet positif sur leur état intérieur. Ces témoignages de sourires appréciateurs, de rires du cœur et d’expressions de bonheur, de même que les étincelles de ravissement qui illuminaient leurs yeux, m’apportaient un bonheur peu commun, un bonheur que j’avais rarement eu l’occasion de ressentir dans ma vie d’artiste. Jusqu’alors, je n’avais jamais réalisé que de donner du plaisir aux autres m’apporterait tant de joie. Dorénavant, «Câlins gratuits» seraient au cœur de ma performance.

       Un mois plus tard, je serrais dans mes bras plusieurs centaines de perso nnes par jour, toute la journée et chaque jour. En réponse aux nombreuses personnes qui désiraient savoir qui j’étais et pourquoi je donnais des embrassades à des étrangers, je pris la décision de créer un site Internet qui donnerait satisfaction à leur curiosité grandissante. Jade, dans sa sagesse intuitive, a suggéré un nom parfait pour mon personnage et mon site Internet. Ce fut simple, elle dit que j’étais quelqu’un qui donnait des hug donc un Hugger, et que j’étais un artiste de rue, un amuseur public, donc un Busker. De là est né le terme Hugger Busker!  Depuis ce temps, beaucoup de francophones m’appellent «Monsieur Câlin»; j’ai donc décidé d’adopter ce nom chaleureux en français. Sa mission consistait à être charmant et joyeux et à donner des câlins chaleureux. La création du personnage et du site Internet s’avéra une excellente décision puisque cela me permit d’acquérir une identité vérifiable, rendant ainsi mes actions plus légitimes aux yeux du public. Je devais négocier constamment avec le sentiment de méfiance qu’éprouvaient les gens à l’égard des étrangers accueillants, particulièrement lorsque ces étrangers offraient quelque chose d’aussi intime qu’un câlin. Une touche de légitimité était donc grandement appréciée. Ce site allait également représenter pour moi un moyen facile de documenter mes aventures de câlineur public, par la présence d’un journal auquel on ajouterait des photos et des témoignages comme celui-ci  :

       « Vous êtes d’une inspiration tellement sincère. Vous avez touché profondément notre groupe qui était de passage à Montréal en mission pour une semaine. Aussi gratifiant que cela puisse être de servir les gens, vous avez définitivement été le point culminant de mon voyage et je sais que vous avez fait une impression phénoménale sur l’une de nos jeunes. Au retour, elle rayonnait et ne pouvait s’empêcher de parler de votre câlin. Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas réalisé combien cette personne était sensible. Vous ne l’avez pas seulement changée mais vous avez également touché chacun des membres du groupe à travers elle et par vos étreintes formidables et authentiques. » - Krystal S., Kansas, É-U

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